Monter une clôture en rondins tient en trois gestes : tracer la ligne au cordeau, planter les poteaux à la bonne profondeur, glisser les lisses dans les perçages. Le reste est affaire de rigueur et de niveau à bulle. Comptez deux personnes et un bon week-end pour une trentaine de mètres, avec un vrai point de vigilance : la préparation des trous, qui décide de la tenue de l’ouvrage sur vingt ans.
Ce qui compose une clôture en rondins de bois

Deux pièces suffisent. Les rondins font office de poteaux et se plantent dans le sol, parfois taillés en pointe de diamant sur la tête. Les lisses, plus fines et plus longues, relient les poteaux à l’horizontale. Les fabricants proposent des rondins percés d’un à trois trous selon le nombre de lisses souhaité, ce qui transforme le chantier en assemblage presque sans visserie. Ce modèle porte souvent le nom de clôture normande. Réservez le bois traité autoclave classe 4 à tout ce qui touche la terre : la partie enterrée subit une humidité permanente qui vient à bout d’un rondin ordinaire en quelques saisons.
Le matériel à réunir avant d’attaquer :
- un cordeau traceur et des piquets de repère
- une bombe de traçage de chantier
- une tarière, une barre à mine ou un louchet selon la dureté du sol
- une masse et une planche de bois pour protéger les têtes
- un niveau à bulle, un mètre, un crayon
- une dame de maçon et du béton à prise rapide
- une scie égoïne pour les recoupes
Faut-il une autorisation pour clôturer son terrain ?
Un détour par le service urbanisme de la mairie évite les mauvaises surprises. Beaucoup de communes ont soumis les clôtures à déclaration préalable de travaux. La démarche devient obligatoire dès que le terrain se situe aux abords d’un monument historique, dans un site classé ou dans un site patrimonial remarquable. Aucune hauteur maximale nationale ne s’applique : le plan local d’urbanisme tranche, commune par commune. Les fameux 2,60 m (moins de 50 000 habitants) et 3,20 m (au-delà) de l’article 663 du Code civil désignent une hauteur minimale exigible entre voisins, pas un plafond. Côté implantation, rien n’interdit de poser la clôture au droit de la limite séparative, sauf retrait imposé par le PLU ou un règlement de lotissement.
Tracer la ligne avant de creuser
Tendez le cordeau entre deux piquets, à une trentaine de centimètres du sol. Marquez ensuite l’emplacement de chaque trou à 2 cm du cordeau sans jamais le frôler : un fil désaxé fausse tout l’alignement. L’entraxe se calcule à partir de la longueur des lisses, moins 5 cm. Soit 2,95 m pour des lisses de 3 m, 2,45 m pour des lisses de 2,50 m, 1,95 m pour des lisses de 2 m. Cette marge garantit que la lisse rentre toujours dans les deux perçages, même si un poteau se décale d’un centimètre. Commencez par les angles, ils donnent le ton du reste de la ligne.
Planter les poteaux : l’étape qui décide de tout
Trois techniques cohabitent, à choisir selon la longueur du chantier et la nature du sol.
| Technique | Chantier adapté | Ce qu’elle demande |
|---|---|---|
| Barre à mine et masse | Quelques dizaines de mètres, sol meuble | De l’huile de coude, une planche interposée sur la tête du rondin |
| Tarière et scellement béton | Sol sableux, clôture haute, poteaux d’angle | Béton à prise rapide, lit de gravier, temps de séchage |
| Enfonce-pieux ou godet de tracteur | Longs linéaires, paddocks, prés | Location avec chauffeur expérimenté, deux opérateurs |
Quelle que soit la méthode, enterrez environ un tiers de la hauteur du rondin. À la tarière, un trou de 50 cm de profondeur pour 35 cm de diamètre convient à un poteau standard. Versez d’abord quelques centimètres de gravier au fond.
Un trou bétonné jusqu’au fond retient l’eau et transforme le scellement en piège à humidité. Le lit de gravier laisse l’eau s’évacuer.
Coulez ensuite le béton en collier autour du poteau, sans noyer le drain. Badigeonnez l’extrémité enterrée de goudron noir ou d’un produit de traitement adapté. Vérifiez l’aplomb au niveau à bulle poteau après poteau et surveillez l’orientation des perçages, qui doivent tous rester dans le même axe. Une fois le rondin calé, tassez la terre à la dame de maçon.
Enfiler les lisses et rattraper le relief
Deux écoles : glisser les lisses au fur et à mesure de la plantation ou attendre que toute la rangée soit debout puis les insérer en jouant sur le jeu des perçages. La lisse doit s’enfoncer jusqu’à la moitié du rondin pour un assemblage propre. Quelques vis inox bloquent les portions les plus exposées au vent, le reste tient par l’assemblage.
Sur un terrain en pente, laissez la clôture suivre les courbes naturelles du sol : marquez au crayon le niveau du sol sur chaque poteau avant de le planter, le rendu gagne en harmonie face à une ligne de têtes arasées au cordeau. Sur terrain plat, un laser réglé sur les deux poteaux d’extrémité donne une horizontale irréprochable. Pour les lisses basses, fabriquez un gabarit dans une chute de liteau : il remplace le mètre et fait gagner un temps fou.
Les finitions qui font durer la clôture
Chaque coupe rouvre le bois. Un badigeon de produit de recoupe sur les sections sciées referme la porte aux champignons et aux insectes xylophages. C’est le même raisonnement que le traitement qui fait durer un rondin exposé aux intempéries et il vaut aussi pour les têtes de poteaux, qui prennent la pluie toute l’année. Prévoyez l’emplacement du portillon avant de poser les dernières lisses, la scie égoïne rattrape les derniers centimètres.
Si vous doublez la clôture d’un grillage fixé aux crampillons, ajoutez des jambes de force aux deux extrémités et tous les 20 à 25 mètres pour encaisser la tension. Repassez enfin tasser la terre autour des poteaux après le premier hiver : le sol travaille et un rondin qui prend du jeu se rattrape en dix minutes la première année, jamais la cinquième.







