Le Morvan entretient depuis longtemps un lien fort avec la forêt. Ce massif au relief doux, coincé entre Bourgogne et Nivernais, tire une grande partie de son identité (et de son économie) du bois. Qu’il serve à bâtir, à chauffer ou à alimenter des chaufferies collectives, le bois du Morvan s’impose comme une ressource structurante pour le territoire.
Une forêt qui couvre plus de la moitié du territoire
Le Morvan est l’un des territoires les plus forestiers de France métropolitaine. Avec plus de 50 % de sa surface couverte par les arbres, le massif tranche nettement avec les plaines céréalières qui l’entourent. Cette richesse tient à la fois à la géologie (un socle granitique peu propice aux grandes cultures) et à une histoire forestière ancienne, marquée par l’exploitation du bois de flottage sur les rivières vers Paris jusqu’au XIXe siècle.
Aujourd’hui, le Parc naturel régional du Morvan veille à l’équilibre entre exploitation et préservation de cet espace boisé, qui accueille par ailleurs des espèces remarquables comme le cerf élaphe ou plusieurs rapaces forestiers.
La filière bois : du bois d’œuvre au bois-énergie
Les essences dominantes
Les forêts du Morvan mêlent feuillus et résineux selon l’altitude et l’exposition. On trouve :
- Le douglas (Pseudotsuga menziesii), résineuse à croissance rapide très présente dans les plantations des années 1960-1980
- Le hêtre et le chêne, feuillus nobles valorisés en bois d’œuvre et en bois de chauffage
- Le châtaignier, utilisé notamment pour la fabrication de piquets de clôture
- L’épicéa, moins répandu mais présent en altitude
Cette diversité d’essences alimente plusieurs débouchés : sciage, menuiserie, piquets de vigne, et bien sûr bois de chauffage.
Le bois de chauffage, un débouché local bien ancré
Le bois de chauffage reste l’un des usages les plus visibles de la filière. Dans le Morvan, de nombreuses entreprises transforment directement le bois sur pied en bûches fendues, vendues en stères ou en palettes. Les longueurs proposées varient généralement entre 25 et 50 cm : la longueur influe directement sur le calcul du volume en stères selon le type d’appareil de chauffage. Le séchage est un point clé : un bois bien sec (humidité inférieure à 20 %) brûle mieux, produit moins de créosote et préserve les conduits.
Le bois-énergie en Morvan : chaufferies et initiatives locales
Le Parc naturel régional du Morvan accompagne depuis 2002 le développement du bois-énergie sur son territoire. Le principe repose sur des chaufferies automatiques au bois déchiqueté (aussi appelé plaquettes forestières) qui alimentent des réseaux de chaleur communaux. Une chaufferie centrale chauffe ainsi l’ensemble des bâtiments publics d’un bourg via un réseau enterré.
Le bilan est significatif : plus de 100 équipements fonctionnent aujourd’hui dans le Morvan, dont une cinquantaine de chaufferies collectives. Plus d’une commune sur quatre dispose désormais d’une installation automatique au bois, en plaquettes ou en granulés.
Cette filière courte présente un double avantage : elle valorise les sous-produits de l’exploitation forestière locale (copeaux, branchages) et réduit la dépendance aux énergies fossiles importées.
Le bois-énergie est l’un des débouchés de la filière bois : la ressource provient de la forêt en co-produit du bois d’œuvre ou de la valorisation des haies bocagères. (Parc naturel régional du Morvan)
Où trouver du bois du Morvan ?
Plusieurs entreprises de la région proposent du bois de chauffage et des produits dérivés directement issus des forêts du Morvan :
- Morvan Bois Services (Autun / Château-Chinon) : spécialisée dans les piquets, les planches et le bois de chauffage en vrac ou en palette. L’entreprise, fondée dans les années 1980 et reprise en 2022, dispose d’un outil de transformation complet sur deux sites.
- Des fournisseurs locaux proposent également des bûches en formats variés (25, 33 ou 50 cm) avec livraison dans un rayon de 20 à 30 km, ainsi que des granulés et allume-feux issus de chutes de scierie.
Pour les particuliers qui souhaitent se chauffer au bois du Morvan, l’essentiel est de vérifier la zone de livraison, le taux d’humidité du bois et le label éventuel (notamment le label France Bois Bûche).







